Les tours du tambour et de la Cloche et Le temple des Lamas
Nous avons commencé notre périple du jour par 2 tours, un peu excentrées de tout, mais qui valaient tout de même le déplacement. Ce sont deux tours dîtes jumelles, mais qui ne ressemblent pas trop. L’une est d’un rouge chinois, l’autre est en pierre. Au sud celle que nous visiterons, la tour du Tambour, édifiée sous les Yuan et reconstruite sous sa forme définitive au 15ème siècle.
Sa sœur jumelle, la tour de la Cloche, d’aspect plus austère, plus militaire que sa coquette voisine date du 18ème siècle.
Vue du haut de la tour du tambour, on y voit la colline de charbon et l'on devine derrière la Cité interdite.
Ci-dessus les quartiers populaires qui entourent la charmante placette, sont soit carrément en démolition, soit en réfection. Mais pour l'instant ce quartier est un peu désolant.
Après une jolie grimpette dans un escalier un peu raide, nous rentrons dans la salle des tambours
Voici le plus grand tambour du monde, il faut vraiment qu'ils fassent tout en grand ces petits chinois. Ses dimensions sont de 2m61 sur 2m85 avec une épaisseur de 1m21 et un poids total de 625kgs.
Il y a 24 énormes tambours disséminés dans cette grande salle.
La descente n'est guère plus aisée que la montée, mais nous sommes relativement peu nombreux et déjà on ne se bouscule pas dans les escaliers.
Les temples que nous voulons visités ensuite sont un peu éloignés de nos deux tours, mais nous décidons de flâner dans le quartier, pour se rendre compte vraiment du Pékin"moyen". Les rues sont propres, bien entretenues dans l'ensemble, et la flânerie est agréable. Les restaurants que nous croisons n'offrent pas comme à l'ordinaire leurs effluves nauséabondes, et nous regardons les petites échoppes grandes comme des mouchoirs de poche, qui vendent vêtements, chaussures, souvenirs, jouets de toutes sortes, optique (beaucoup)
Nos pas nous conduisent vers le 1er périphérique. Un petit détail Pékin est pourvu de 5 périphériques, et c'est pour cela que la circulation n'y est pas trop pénible. les sorties de périphérique se font par des sortes d'échangeurs (style Los Angeles) et donc pas de croisements trop dangereux. Ci-dessus nous longeons le périphérique dans de jolis jardins fleuris et calmes.
Là ce sont les quartiers qui viennent d'être rénovés, style chinois à l'ancienne, c'est vraiment près du périph, mais c'est très calme.
Claude vient de choisir sa nouvelle résidence à Pékin, il a l'air content, il n'attend plus que les amis, les livraisons de chez Laroche et de Mobillon.
Après une marche d'une heure, nous atteignons enfin les temples que nous espérons visiter. Il y en a deux grands à voir, situés l'un en face l'autre, celui de Confucius et celui des Lamas. Mais nous nous contenterons du temple des Lamas, celui de Confucius est fermé pour réfection et le peu que nous en voyons montre bien qu'il avait vraiment besoin d'un bon ravalement (c'est une multitude de temples). Donc allons en face, et allons visiter le plus beau temple Bouddhiste de Pékin.
Nous arrivons devant la porte sud, monumentale et très ornée, qui donne sur une large cour. Elle est fort encombrée, des groupes se pressent, mais nous le verrons vite, le temple est si grand qu’on ne s’y sent pas gêné par la foule. Nous passons ensuite sous un portail de 4 colonnes surmontées de 9 frontons gravés de dragons et de phénix qui ouvre sur une belle avenue bordée d’arbres. Situé à l'extérieur de la Cité Interdite, le temple des Lamas était, au 18ème siècle, la résidence du prince impérial Yong, fils de l'empereur Kangxi de la dynastie Qing. Selon une tradition ancestrale, les fils de l'empereur, tous égaux à leur naissance, passaient leur enfance auprès de leur mère. A l'âge adulte, ils devaient quitter la Cité Interdite. Celui qui était choisi pour succéder à son père, se faisait construire un palais et s'y installait avec ses femmes, ses enfants et ses eunuques, en attendant son accession au trône.
A la mort de son père, en 1722, le Prince Yong quitta sa résidence, le Palais de l'Harmonie éternelle, et devint empereur sous le nom de Yongzheng. Il fit don de son palais aux moines bouddhistes qui le transformèrent en monastère.
Le Temple des Lamas est un ensemble de pagodes, certes, mais parmi les plus belles que j'ai vues depuis que je suis en Chine. Le Temple est réellement magnifique, et pour une fois, la beauté est à l'intérieur ...Le Temple des Lamas étant un Temple Tibétain et la photographie étant interdite dans les Temples Tibétains, vous n'en verrez que la moitié, enfin pas tout à fait car j'ai réussi à faire des photos de l'extérieur (en me faisant houspiller par les lamas), et ce que je n'ai pu photographier, je vous les fait parvenir en ayant photographié des cartes postales (futée Millie).
Au temps de sa splendeur, aux 18 ème et 19ème siècles, le monastère a hébergé jusqu'à 300 lamas tibétains, mongols ou mandchous. Le temple palais était de fait devenu pour le pouvoir un instrument de contrôle des minorités ethniques voisines
Nous y croisons quelques-uns des 100 lamas, surtout Mongols et Tibétains, qui vivent maintenant ici. En effet, Yonghe gong , le temple des Lamas a recouvré toute son importance politique dans les années 50, lors de la mainmise de la Chine sur le Tibet.
Le gouvernement chinois désirant se ménager l'appui des autorités religieuses tibétaines a déclaré le site monument historique en 1949, l’a préservé des destructions de la Révolution culturelle et, après une belle restauration, en 1979, y a autorisé le retour des religieux.
La lamaserie occupe une superficie de 66 400 mètres carrés . Elle est constituée de trois parties principales : la cour Baofang, le jardin et les bâtiments, 1134 pièces au total.
De cour en cour, se succèdent des brûle-parfums où se consument d’impressionnantes quantités de bâtons d’encens aux fumées blanches et odorantes ; Il faut brûler 3 bâtons d'encens pour voir ses prières récompensées. Un nombre important de fidèles se prosterne devant chaque statue rencontrée, et il y en a une quantité impressionnante.
Cette statue sert à mettre son obole sous forme de piècettes, qu'il faut mettre dans les trous en les jetant, joueurs ces petits chinois !
Les salles qui se succèdent abritent de nombreuses statues du panthéon bouddhiste et des objets de valeur, comme des peintures et des calligraphies, des sculptures, des broderies de soie, des costumes.
Comment les nommer toutes ? Nous nous contenterons de décrire ce qui nous a le plus impressionné ! Dans le hall principal, qui était celui où le Prince Yong tenait ses réceptions, le Yonghegong Dian, le «hall des Bénédictions éternelles» au toit d’or, les trois Bouddhas du passé, du présent et de l’avenir nous accueillent dans un clair obscur emprunt de sérénité.
Une amusante statue dans le hall Devajara : une représentation de Bu-tai, le Bouddha rieur, ventripotent et chauve, détend l’atmosphère au passage
Ceci est un tambour, et moulin à prière, les croyants le font tourner comme d'autres religions prient avec un rosaire.
La salle de la protection éternelle qui abrite les 3 bouddhas, qui incarnent la médecine, la longévité et l'enseignement.
Ne sont ils pas sympathiques ces bouddhas rieurs? Les chinois les aiment car en plus de faire brûler leurs 3 batons d'encens, ils leur offrent des dons, pommes, raisins, gâteaux, bière et argent papier monnaie.
Dans l’édifice central, à trois étages, celui de l’Infini Bonheur, aussi nommé Tour du Bouddha géant, une statue colossale en bois dresse les 18 m de hauteur du Bouddha Maitreya. Sous le sol, la statue descend encore sur 8 m pour lui assurer sa stabilité. Le livre des records assurait en 1990 que c’était la plus grande statue du monde taillée dans un seul tronc de santal blanc verni et doré.
C’est le septième Dalaï-lama qui l’a offerte à l’empereur Hongli.
Autour du grand Bouddha, il y a plus de dix mille petite statues de Bouddha. Comme en chinois le mot bouddha (fo) ressemble au mot bonheur (fu), le Pavillon Wanfu se nomme aussi bien «des Dix-Mille Bonheurs» que «des dix-mille Bouddhas».
Dans la cinquième et dernière cour, nous trouvons la merveille du Temple. C'est dans ce temple que se trouve la grande statue de Bouddha.
C’est le Wanfuge Hall, haut de 30 m. Il est composé de 3 pavillons somptueusement sculptés réunis par des galeries et des passages qui en font «la réplique du paradis».
Ce curieux bâtiment en forme de croix, de style mixte chinois et tibétain est égayé de pins et de bambous. La figure centrale en est le fondateur du bouddhisme Ghelug-pa, Djé Tsongkhapa.
Il est entouré de plus de 300 volumes qui forment le canon bouddhiste tibétain, enveloppés dans des brocards de soie et disposés le long des murs latéraux. Ou du pavillon Bangein, dédié au souvenir des relations nouées au fil du temps entre les maîtres du pays et le dalaï-lama à partir de photos, reliques et autres documents ?
Voila, nous quittons ce lieu religieux magnifique et magique avec regret, le calme qui règne ici nous en aurions bien emporté un petit peu avant de rejoindre le brouhaha de la circulation pékinoise...

1 Comments:
Et bien Framboise, tu ferais un bon guide à Pékin maintenant. Tu es devenue une vraie encyclopédi sur l'histoire de la Chine et de ses empereurs.
Ces photos sont magnifiques... Et vraiment dépaysantes.
Bisous à tous les 2...
Enregistrer un commentaire
<< Home